Déclaration FO comité de sous-groupe VYV du 4 février 2026

 

Le syndicat Force Ouvrière souhaite, à l’occasion de ce comité de sous-groupe, prendre le temps de replacer la situation des salariés de VYV3 dans un contexte politique, économique et social global.

Ce que vivent aujourd’hui les salariés n’est ni accidentel, ni conjoncturel : c’est le résultat de choix politiques et patronaux cohérents entre eux.

Nous assistons depuis plusieurs mois à une accélération manifeste de la marche à la guerre, non seulement sur le plan militaire, mais aussi sur le plan économique, social et idéologique.

Cette marche à la guerre s’accompagne d’une explosion des budgets militaires, assumée et revendiquée par le gouvernement, pendant que les budgets consacrés à la santé, au médico-social, à la protection sociale et aux services publics restent strictement contraints et largement insuffisant.

Force Ouvrière le rappelle clairement : il ne s’agit pas d’un manque d’argent, mais bien de choix politiques délibérés.
Quand des milliards sont débloqués sans discussion pour l’armement, mais que l’on explique qu’il n’y a pas d’argent pour les services publics, pour l’éducation, pour les salaires ou la Sécurité sociale, il faut appeler les choses par leur nom.

Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est une tentative de faire accepter l’inacceptable : préparer la population, et en particulier la jeunesse, à la guerre, pendant qu’on explique aux salariés qu’il faudrait se serrer la ceinture.

Pour Force Ouvrière, cette logique est inacceptable.

Nous refusons que les salariés du groupe VYV et leurs enfants soient sacrifiés, soit pour alimenter les profits de l’industrie de l’armement, soit pour compenser l’austérité sociale imposée aux secteurs utiles à la population.

Cette logique d’économie de guerre ne s’arrête pas aux budgets. Elle s’accompagne d’une volonté d’embrigadement de la jeunesse : présence accrue de l’armée dans les établissements scolaires, dispositifs de type parcours citoyens, et désormais orientation des jeunes et des salariés vers les métiers de l’armement via France Travail.

Nous le disons clairement les jeunes et les travailleurs n’ont pas vocation à devenir de la chair à canon. Ils ont droit à des emplois stables, qualifiés et correctement rémunérés.

Cette politique s’inscrit pleinement dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.
Un ONDAM notoirement insuffisant continue d’asphyxier le système de santé et le médico-social, alors même que les besoins augmentent. Cette situation se traduit concrètement par des tensions budgétaires, des sous-effectifs chroniques, une intensification du travail et une dégradation continue des conditions de travail.

Force Ouvrière n’ignore pas que certaines activités de VYV3 sont sous tiers financeurs. Nous connaissons les contraintes imposées par l’État, les agences et les collectivités.
Mais nous affirmons avec force que les salariés n’ont pas à payer deux fois : une première fois en subissant l’austérité budgétaire, une seconde fois par le gel des salaires et la dégradation de leurs conditions de travail.

Le rapport stratégique présenté par Syndex le confirme : derrière les notions d’« efficience », de « pilotage » et de « trajectoires financières », ce sont bien des arbitrages permanents qui pèsent sur le travail réel et sur les salariés.

Force Ouvrière souhaite également alerter le comité de sous-groupe sur une situation particulièrement préoccupante concernant la prise en compte des risques psychosociaux dans certaines entités de VYV3.

Malgré les alertes répétées des représentants du personnel et des salariés, les RPS restent insuffisamment reconnus et traités, voire niés.
Pression permanente, sous-effectifs, intensification du travail, perte de sens, conflits de valeurs : ces réalités sont pourtant connues et documentées.

Plus grave encore, Force Ouvrière dénonce le fait que, dans certaines entités, les directions vont jusqu’à former des recours contre les décisions de la CPAM lorsque celle-ci reconnaît un accident du travail lié aux risques psychosociaux.

Autrement dit, lorsque l’organisme compétent reconnaît le lien entre le travail et l’atteinte à la santé mentale des salariés, certaines directions choisissent non pas de remettre en cause l’organisation du travail, mais de contester cette reconnaissance.

Pour notre syndicat Force ouvrière cette attitude est inacceptable.

Elle envoie un message extrêmement violent aux salariés concernés : celui du déni, de la défiance et du refus d’assumer la responsabilité de l’employeur en matière de santé au travail.

Cette situation est d’autant plus choquante que le groupe VYV s’est doté d’une charte sur la santé mentale.
Force Ouvrière le dit clairement : une charte ne protège pas les salariés si elle n’est pas suivie d’actes concrets.
La santé mentale au travail n’est ni un slogan, ni un outil de communication. C’est une obligation de prévention et de responsabilité pleine et entière de l’employeur.

Dans ce contexte, Force Ouvrière dénonce avec la plus grande fermeté les propositions du MEDEF concernant l’emploi des jeunes : contrats à droits progressifs, rémunérations inférieures au SMIC, licenciements facilités, précarité organisée.

Ces propositions constituent une véritable déclaration de guerre sociale à la jeunesse.
Elles visent à mettre à disposition du patronat une main-d’œuvre corvéable, sous-payée et jetable.

Force Ouvrière rejette totalement la soi-disant “conférence sociale”, qui ne sert qu’à donner une façade de dialogue à des décisions déjà écrites.
Ce n’est pas un lieu de négociation, c’est un outil de légitimation de politiques antisociales.
Il ne peut pas y avoir de diagnostic partagé avec le MEDEF : nos intérêts sont diamétralement opposés.

FO ne cogère pas l’austérité, FO la combat.

La question des salaires est au cœur de ces contradictions.

Dans les branches professionnelles dont dépend VYV3, les augmentations négociées sont soit nulles, soit dérisoires, de simples aumônes, sans aucun rapport avec l’inflation sur les cinq dernières années et la réalité du travail fourni.
Et cela alors même que des représentants du groupe VYV siègent dans ces branches.

Force Ouvrière le dit clairement : la responsabilité de cette situation est politique.
Quand on siège dans une branche, accepter des politiques salariales indigentes n’est pas une fatalité, c’est un choix.
On ne peut pas revendiquer des valeurs mutualistes et, dans le même temps, organiser la paupérisation des salariés.

Dans les entités, lors des NAO, on nous explique ensuite que toute augmentation collective serait impossible au motif des tiers financeurs.

Ce double discours est insupportable et ne passe plus auprès des salariés.

Lors des NAO, la réponse est désormais connue :

  • soit aucune augmentation,
  • soit des augmentations individuelles, présentées comme un substitut.

Force Ouvrière le réaffirme sans ambiguïté : nous voulons des augmentations collectives.
Les augmentations individuelles sont le cache-misère d’une politique salariale inexistante.
Elles ne remplacent pas le salaire, ne créent aucun droit collectif et masquent le refus d’augmentations générales.

Enfin, Force Ouvrière rappelle un principe fondamental : un accord signé s’applique.
Il ne s’interprète pas au gré des contraintes organisationnelles ou financières.

Après avoir alerté à plusieurs reprises, Force Ouvrière engagera les démarches nécessaires devant les juridictions compétentes afin de faire respecter le droit et les engagements pris.

Pour Force Ouvrière, les choses sont claires.

Il y a de l’argent pour la guerre.
Il y a de l’argent pour les exonérations patronales.
Mais il n’y aurait jamais d’argent pour les salaires.

Ce n’est pas une contrainte économique, c’est un choix politique.

Les salariés de VYV3 ne sont ni une variable d’ajustement, ni une charge,
ni une main-d’œuvre corvéable ou sacrifiable, y compris sur le plan de leur santé mentale.

Force Ouvrière continuera de revendiquer :

  • L’abrogation de la réforme des retraites,
  • Stop à la politique belliciste et austéritaire,
  • L’augmentation collective immédiate des salaires,
  • Le respect strict des accords,
  • Et la protection réelle de la santé, physique et mentale, des salariés.

Et s’il faut un rapport de force, y compris juridique, nous l’assumerons pleinement.